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Pour un débutant avec les oiseaux exotiques, un oiseau malade est un immense problème. N'y connaissant presque rien d'autre que les soins de base, on ne sait que faire ni comment aider notre petit protégé à guérir. D'ailleurs, les causes et la nature de la maladie nous sont souvent inconnues et nous amènent en un territoire inexploré, et l'impuissance est le pire des tourments. En tant que propriétaire de 3 oiseaux depuis peu, j'ai du faire face à un problème de taille. Je partage donc ici mon expérience inusitée en matière de santé des petits exotiques.
J'avais un couple de mandarins depuis près de deux ans, sans qu'il n'y ait eu ne problème de santé. Ils allaient bien tous les deux, étaient joueurs et agiles. Le seul problème s'il en est un c'est qu'ils refusaient obstinément de se reproduire. Comme j'avais acheté le couple ensemble à la même boutique, je me suis dit qu'il était possible que mes deux petits soient frère et sœur, ce qui pouvait expliquer le refus de faire des petits. Avec cette explication plutôt précaire, je suis allée me chercher un autre oiseau, un petit mâle, dans une autre boutique d'animaux.
À l'animalerie, il semblait calme, assis dans la mangeoire. Mais étant donné qu'il n'y avait pas de nid dans la cage, je me suis dit qu'il voulait sûrement se reposer. C'est un mâle isabelle brun magnifique ! À son arrivée à la maison, je l'ai mis dans la cage avec mon couple, mais dès lors, mon vieux mâle à décidé de le pourchasser et la femelle jouait la carte de l'indifférence. Seulement, mon nouvel ami, intitulé Allyzhée Le Magnifique du à sa splendeur, se tenait à l'écart, dans le fond de la cage. Je me suis mise à craindre que les autres ne l'intimident, je l'ai donc placé dans une autre cage, plus petite mais tout près de la première, afin de les laisser faire connaissance à une certaine distance.
Pourtant, l'oiseau semblait avoir des difficultés à se tenir sur le perchoir, il repliait sa patte droite sous lui. Il ne se tenait que sur la gauche, se servant de la droite de temps à autres pour reprendre son équilibre. Je l'ai donc pris pour regarder sa patte et j'ai remarqué qu'il avait le pouce et la jointure du pouce très enflée. La peau était lisse contrairement à l'autre patte qui était rugueuse. Il semblait avoir très mal mais se nourrissait et s'abreuvait normalement. Je savais pertinemment qu'on ne doit pas faire un nid à un oiseau, qu'il doit le faire lui-même, mais il n'était vraisemblablement pas en état de le faire par lui-même. Alors, à l'aide d'une boîte à bijoux et de coton, je lui ai préparé un petit nid de repos et il s'y est installé immédiatement. Son état m'inquiétait et j'ai fait appel à plusieurs vétérinaires de ma région qui ont tous refusé de le voir, ne traitant pas les oiseaux. Donc, je me retrouvais seule à faire face à la détérioration graduelle de mon nouvel ami.
Tous les matins, je vérifiais sa patte et son état s'aggravait. Son pouce tournait au noir alors que la jointure désenflait doucement. Ne sachant que faire, je l'ai mit à la diète enrichie, c'est-à-dire à la pâtée d'élevage protéinée, vitamines dans l'eau à boire et dans le bain (qu'il ne prenait pas d'ailleurs) et au calcium. C'est tout ce que je pouvais faire. Mais, une semaine plus tard, je regarde sa patte et une surprise de taille m'attendait : il n'y avait plus de pouce !!! Le doigt était tombé ! Il y avait à la place un petit moignon, tout rose et bien cicatrisé, sans une ombre d'enflure. Et c'est à ce moment que j'ai pu voir le comportement normal de mon oiseau. Il s'est remis à bouger, à chanter et à jouer, et il a vite trouvé la façon de se percher sans son pouce. J'étais perplexe mais à la fois soulagée, il prenait du mieux.
Allyzhée Le Magnifique est donc retourné vivre avec le couple dans la grande cage et ils s'amusaient tous très bien. Mon vieux mâle continuait à vouloir marquer son territoire mais la hiérarchie s'est vite établie et tout allait bien. Ce n'est qu'un mois plus tard que mon tout petit reprit son manège. Il repliait sa patte droite sous lui, ne bougeait presque plus, seulement pour se nourrir et s'abreuver. Je lui ai donc remis son nid de fortune et il y est retourné à une vitesse incroyable. Mais, en regardant sa patte, son doigt du milieu était enflé démesurément et la peau était lisse. Et voilà, ça recommençait ! Là, je n'ai fait ni une ni deux et j'ai refait le tour des vétérinaires du coin et même plus loin pour recevoir de l'aide. Enfin, j'ai trouvé un endroit qui acceptait de me recevoir et j'ai prit rendez-vous.
Malheur ! Entre le moment ou j'ai remarqué le doigt enflé et le moment de mon rendez-vous, le dit doigt est tombé à son tour ! Je me suis tout de même présentée avec mon tout petit chez le vétérinaire pour faire vérifier ses plaies et la gentille doctoresse l'a examiné pour me dire que ses moignons étaient bien beaux, qu'il ne semblait pas y avoir d'infection ou de lésion quelconque. Mais cela ne me donnait pas la cause de cette perte de doigts périodique !!! Elle a toutefois fait preuve d'une grande gentillesse en appelant un médecin vétérinaire de l'institut vétérinaire du Québec (à Ste-Hyacinthe pour les gens d'ici) qui se spécialise chez les oiseaux exotiques. Et voici ces conclusions :
Les oiseaux exotiques sont très fragiles et certains d'entre eux peuvent produire des toxines qui s'attaquent aux capillaires des extrémités, ce qui cause généralement une nécrose et une amputation du membre affecté. Sauf que, nous ne savons pas si la production de ces toxines sont dues à des facteurs génétiques ou à l'alimentation ou l'environnement.
Toutefois, comme mon oiseau n'a perdu que deux doigts dans une période de 1 mois, il semble que les toxines ne soient pas en cause. Si cela avait été le cas, il y aurait eu nécrose des doigts des deux pattes et non seulement de la patte droite. La nécrose se serait étendue à toutes les extrémités, ce qui n'est pas le cas ici.
Donc, selon le spécialiste, ce serait du à une série de bêtes incidents traumatiques. La première hypothèse serait que, lors du transport de l'animalerie à la maison, il aurait pu se coincer le pouce dans un repli de la boîte et ainsi se fracturer le membre, ce qui aurait résulté en une nécrose et la perte du doigt. Pour le second doigt, il se pourrait que l'oiseau se soit malencontreusement enroulé du matériel à nid, tel du coton, autour du doigt, ce qui aurait considérablement réduit le flot sanguin dans le doigt, qui aurait causé une nécrose et l'issue que l'on connaît.
Par contre, peu importe la cause de la nécrose, dès qu'un membre tourne au noir et durcit, on peut s'attendre à ce que le membre tombe dans un délais d'une semaine. De plus, il n'y a rien à faire pour contrer ce phénomène une fois que le processus est enclenché. On ne peut rien faire d'autre qu'attendre et espérer que tout se passe pour le mieux. On peut toutefois prévenir de tels incidents en minimisant le plus possible les risques de traumatismes pour l'oiseau, en contrôlant son environnement.
En conclusion, je crois que la seconde hypothèse, l'idée du traumatisme, est plus plausible. Mon oiseau se porte formidablement bien, et il n'a pas perdu de doigt depuis ce malheureux incident et il est même le fier papa de quatre beaux petits, deux mâles et deux femelles. Même si, dans mon cas l'issue est heureuse, l'expérience fut très stressante, tant pour l'oiseau que la maîtresse ! Mais j'espère qu'en vous faisant part de mon expérience personnelle, vous saurez à quoi vous attendre si un tel cas se produit chez vos petits protégés.
Vécu, et relaté pour Oisoxotic par Cynh
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