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Les principaux granivores de nos volières sont classés dans les familles suivantes :
- les embérizidés, sont des oiseaux granivores au plumage souvent modeste. Ce sont de remarquables chanteurs. En Europe, ils sont connus grâce aux bruants du genre Emberiza : Emberiza calandra, Emberiza citrinella… et l'incontournable Emberiza hortulana, l'ortolan des gourmets d'un temps révolu. En Amérique du nord, la famille est entre autre représentée par les Juncos, dont le magnifique Junco ardoisé (Junco hyemalis.) En volière, on retrouve des oiseaux des genres Poospiza (les Chipiu), quelques sporophiles et, bien sûr, le jacarini (Volatinia jacarini).
- les cardinalidés, oiseaux uniquement américains. Généralement plus grands que les précédents, ils sont aussi de magnifiques chanteurs. Certains sont en plus richement colorés. C'est la famille du paroare dominicain (Paroaria dominicana), du cardinal rouge (Cardinalis cardinalis), et des passerins (anciennement papes américains : Passerina ciris, Passerina leclancherii…).
- les fringillidés, petits granivores à becs coniques, sont bien connus de tous : c'est la famille du canari (Serinus canaria). Outre les serins, cette famille comporte aussi les pinsons, chardonnerets, verdiers …
- les estrildidés, sont les plus abondamment représentés dans nos volières. En effet, on retrouve dans cette famille tous les diamants, astrilds, bengalis et capucins (Voir nos fiches espèces).
- les viduidés, ou veuves vraies, constituent une toute petite famille très appréciée pour la beauté du plumage nuptial du mâle. C'est la famille de la veuve dominicaine (Vidua macroura), de la veuve de paradis (Vidua paradisea), du combassou du Sénégal (Vidua chalybeata) etc.
- les plocéidés, enfin, sont représentés entres autres par Passer domesticus, le moineau domestique. Dans nos volières se retrouvent ses cousins les tisserins (genre Ploceus), les travailleurs (genre Quelea), ainsi que les Euplectes, les Foudia etc.
Liens de parentés
Observons maintenant les liens de parentés entre ces six familles de granivores.
Traditionnellement, on admet deux grands regroupements. C'est à dire que les familles des embérizidés et des cardinalidés sont évolutivement proches l'une de l'autre, et relativement distantes des 4 autres familles (fringillidés, estrildidés, viduidés et plocéidés), qui sont elles mêmes proches l'une de l'autre.
C'est du moins ainsi qu'elles apparaissent dans les anciennes classifications.
Dans l'inventaire de Walters par exemple, qui reprend la liste de Peters, on compte 288 embérizidés, 47 cardinalidés, 127 fringillidés, 133 estrildidés, 11 viduidés et 153 plocéidés.
Dans les classifications plus « modernes » et plus fréquemment utilisées en cladistique, comme celle de Morony, Bock et Farrand ; les cardinalidés sont inclus dans les embérizidés, qui forment une grande famille de 558 espèces. Les viduidés ne sont pas séparés des plocéidés. Ces auteurs décrivent 122 fringillidés, 129 estrildidés et 143 plocéidés.
Mais les toutes nouvelles classifications, basées sur des méthodes d'étude moderne de l'ADN apportent des changements majeurs de ces approches systématiques. Bien que n'étant pas unanimement acceptée, la classification de Sibley et Ahlquist semble devoir tenir un rôle majeur dans notre vision future des parentés entres oiseaux. Pour ces auteurs, tous nos granivores de volières se trouveraient dans deux grandes familles. Les passéridés, qui comporteraient 386 espèces, dont les estrildidés, les viduidés et les plocéidés de la liste de Walters ; et les fringillidés, grande famille de 993 espèces regroupant, ce qui est novateur, les bruants et les cardinaux dans la même famille que les serins !!
Notion de classification en élevage
Si il est passionné d'oiseau et amateur de systématique, un éleveur peut suivre avec intérêt les avancées de la science, sans toutefois qu'elles interfèrent avec sa vision de l'élevage.
Pourtant, connaître les différentes familles d'oiseaux peut être un atout, par exemple pour appréhender une nouvelle espèce. Un éleveur saura ainsi qu'une technique adaptée aux capucins sera plus facilement adaptable à un diamant qu'à un cardinal.
De même, un débutant commencera par des mandarins (Taenopygia guttata) ou par des canaris selon qu'il ait pour but d'élever plus tard des diamants de Mindanao (Erythura coloria) ou des chardonneret rouges.
Certaines subdivisions des classifications scientifiques sont plus ou moins suivies par les éleveurs. Le rapprochement des fringillidés et des embérizidés aura sûrement plus surpris le scientifique que l'éleveur qui sait pouvoir hybrider (difficilement il est vrai) le canari et le jacarini. Par contre, il peut être bon pour l'éleveur de considérer les viduidés comme une famille (ou du moins un « groupe ») différent des autres plocéidés. En effet, les « veuves vraies » sont des pondeuses parasites, ce qui n'est pas le cas des autres plocéidés. D'où une différence importante dans la gestion de leur élevage.
Pour conclure, je pense qu'il est bon pour l'éleveur de connaître une classification des oiseaux. La connaissance des grandes familles et des noms scientifiques, n'améliorera certes pas ses résultats d'élevage, mais lui sera utile dans ces recherches d'information et sa correspondance avec les autres éleveurs.
Connaître les toutes dernières mises à jour de la classification et l'avancée des recherches en cladistique reste souvent illusoire pour l'amateur. N'oublions pas qu'une classification doit servir avant tout de « point de repère », et les noms scientifiques doivent être une « langue internationale » permettant de comprendre ses voisins. Si elle évolue sans cesse, elle ne peut pas remplir ce rôle.
Je suis donc partisan de l'idée de la double classification : une nomenclature internationale fixe, permettant de servir de réel repère ; et une classification scientifique qui sera amener à évoluer et à s'affiner au fur et à mesure de l'avancée scientifique.
Article réalisé pour Oisoxotic par Jean-Baptiste
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