O i s o x o t i c

Site dédié à l'élevage amateur d'oiseaux exotiques à bec droit

   Les plumes jouent un rôle important dans la santé et la vie sociale de l'oiseau puisqu'elles protègent des variations de températures et de l'eau, qu'elles sont indispensables au vol, qu'elles permettent également les parades nuptiales avant les accouplements.

   La plupart des maladies de l'oiseau, même celles qui ne touchent pas directement les plumes, vont avoir des répercussions sur le plumage.

   Les pathologies les plus courantes sont liées à la mue. Il faut savoir que les plumes peuvent représenter jusqu'à 10% du poids du corps et que la mue peut provoquer une fatigue importante et un affaiblissement propice au déclenchement d'une maladie.


Pour chaque maladie :
les observations sont indiquées
en vert, les causes en rouge et le traitement en bleu clair.


· Chute anormale des plumes (ou alopécie)

L'oiseau perd ses plumes localement sur la tête et le cou, ou encore sur tout le corps.
Les chutes de plumes peuvent aussi parfois être dûes à des dérèglements hormonaux.

Les causes d'alopécie sont extrêmement nombreuses et souvent difficiles à identifier. Les régimes déséquilibrés, en particulier carencés en vitamines, sont très souvent incriminés.
Les régimes carencés peuvent également provoquer des variations de couleur du plumage.

Le traitement consiste bien sûr à corriger le régime carencé, en apportant en particulier des compléments vitaminiques.


· Plumage irrégulier ou colorations anormales

On observe des plumes de couleurs et de formes anormales. Elles manquent de pigmentation, sont trop petites, parfois enroulées sur elles-mêmes. Elles sont disposées de façon irrégulière, surtout au niveau du cou, des ailes, du sternum et de la partie supérieure des pattes. Parfois la peau est rouge et montre des irritations et des zones de grattage.

Plusieurs facteurs peuvent intervenir. On retiendra en particulier les causes d'origine génétique, les mutations et, encore une fois, les déséquilibres alimentaires. D'autres causes très nombreuses et très variées sont incriminées : l'ennui et, plus généralement, les troubles psychologiques provoqués par exemple par la peur et les traumatismes. On retiendra également l'excès des températures ou leur variations brutales et répétées ; une atmosphère trop sèche ou une pollution de l'air ; une exposition trop forte et trop longue à la lumière artificielle ; les maladies parasitaires et les mycoses…

Le traitement consiste, bien entendu, à corriger tous les déséquilibres de la vie de l'oiseau. On améliorera son habitat. On vérifiera que la volière est éloignée de toute source trop importante de chaleur, de froid, des courants d'air et n'est pas trop exposée au soleil.
Le régime sera corrigé et un complément minéral vitaminé sera ajouté à la ration de base. Si l'air est trop sec, il faudra augmenter l'hygrométrie.
Un examen attentif du plumage permet de détecter la présence de parasites externes et de prescrire le traitement adéquat pour débarrasser l'oiseau de ces hôtes indésirables.
Après quelques semaines, de nouvelles plumes apparaîtront pour remplacer les plumes malades ou irrégulières.


· Les mues anormales

La mue est un phénomène très complexe et il n'est pas toujours facile de diagnostiquer des troubles de la chute des plumes chez les oiseaux.


Les mues chroniques :

On désigne par mues chroniques, des chutes de plumes qui persistent en permanence.
Les plumes tombent anormalement, surtout celles de la tête et du cou, et elles ne repoussent pas à cet endroit, ou alors, elles repoussent et tombent en permanence.

Comme dans le cas de plumages anormaux, les conditions de vie (température du milieu, stress, troubles psychologiques…) sont le plus souvent à l'origine de ces mues perpétuelles. On a également suspecté des troubles hormonaux (en particulier le dérèglement des sécrétions de la glande hypophyse ou de l'hypothalamus).

Le traitement consiste à assurer à l'oiseau des conditions de vie confortables, calmes, stables et sans stress. Le rythme jour-nuit, caractérisé par la durée d'éclairement régulière doit être reproduit artificiellement et doit impérativement être respecté, afin que les phénomènes hormonaux, qui sont réglés par l'alternance lumière-obscurité, se déroulent correctement. Des hormones peuvent également être administrées par voie orale.


La mue française :

Les oiseaux touchés montrent un plumage irrégulier ; les chutes de plumes sont souvent situées de façon symétrique sur le corps de l'oiseau. Les plumes sont souvent cassantes, les oiseaux sont incapables de voler et se contentent de courir si on les approche.

On désigne par « mue française » des troubles du plumage des jeunes oiseaux à la sortie du nid. Cette mue semblerait avoir une origine virale, bien que tous les spécialistes ne soient pas d'accord sur l'étiologie (partie de la médecine qui étudie les causes des maladies) de la mue française. En particulier, on observe une diminution du nombre de globules rouges.
La mue française est plus souvent observée lorsque la reproduction est trop intensive, ou lorsque l'hygiène de l'élevage est défectueuse.


La prévention consiste à surveiller le régime des oiseaux, ainsi que l'hygiène de l'élevage et des nids mais aussi d'éviter les couvaisons trop rapprochées et trop nombreuses.


· L'arrachage des plumes (ou picage)

Le picage, c'est l'habitude d'arracher ses propres plumes ou celles de autres oiseaux. Cela n'a rien à voir avec la mue. Lorsqu'ils muent, les oiseaux ont l'habitude d'accélérer la chute des plumes mortes, afin de faciliter la pousse des nouvelles plumes.
S'il y a picage, on observe que les plumes sont arrachées avant la nouvelle mue et ne repoussent pas assez vite. Parfois, les plumes sont « machouillées » par l'oiseau, sans être arrachées. Le picage est une habitude vicieuse qui, lorsqu'elle s'est installée, est très difficile à corriger.

L'ennui et un environnement qui ne permet pas l'épanouissement de l'oiseau sont à l'origine du picage. L'hygiène insuffisante du milieu ou encore la surpopulation sont également citées comme causes de picage. Plus qu'une maladie, le picage est donc avant tout provoqué par des troubles psychologiques dans un milieu stressant pour l'oiseau.

Les paramètres du milieu ambiant seront corrigés. L'hygiène ainsi que l'espace disponible de l'oiseau doivent être respectés. Un bilan général permettra d'éliminer les déséquilibres alimentaires et les maladies parasitaires à l'origine d'éventuelles démangeaisons. Un miroir et des accessoires de jeux, ou mieux, un compagnon de cage permettront de rompre l'ennui de l'oiseau. Encore une fois, les conditions de vie et en particulier le rythme éclairement/obscurité doivent être respectés. On mettra autant que possible l'oiseau au grand air et on humectera également son plumage, en utilisant par exemple un spray d'eau minérale.
* Bien entendu, lorsque le picage se reporte sur des congénères dominés, il faudra séparer les oiseaux.

Il arrive parfois que les parents arrachent les plumes des oisillons dans le nid. Les jeunes sont sans plumes sur le dos et la tête et montrent des blessures parfois infectées. Les petits peuvent mourir de ces attaques incessantes.
Il faut séparer les oisillons de leurs parents et trouver un couple d'accueil. Un traitement local permet de guérir les plaies et les infections.



   On a donc vu que les maladies des plumes étaient des pathologies à surveiller attentivement, car pouvant être très vicieuses et parfois fatales…

   De plus, les causes sont souvent les troubles psychologiques dus à l'ennui ou aux mauvaises conditions de vie… Ainsi, encore une fois, MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR, d'autant plus que la prévention constitue le simple fait de veiller au bien être de ses oiseaux, ce qui pour tout éleveur devrait être l'impératif premier !



Article préparé pour Oisoxotic par Tanguy A., avec la collaboration de Sylvain